interview de Pedro Afonso – poète, guitariste flamenco

J’ai rencontré Pedro lors d’un cours de Guitare flamenco débutant, après l’avoir entendu jouer, je me souviens m’être dit « mais que fait-il ici, avec son niveau ». Il était capable de jouer des œuvres de Paco, d’improviser …, je me disais aussi « huumm si c’est ça le niveau débutant, j’ai du pain sur la planche … »;-)

Au fil des cours nous avons fait connaissance, jouer les morceaux appris ensemble, après les cours, nous allions prendre une petite cerveza, Pedro nous a dévoilé son jardin secret. Guitariste autodidacte, Pedro est un passionné de guitare, du flamenco bien sûr, mais il est aussi poète.

Je suis curieux, je voulais en savoir plus sur sa passion du flamenco, de la guitare, et sur sa poésie. Il a accepté de nous en dire plus, il nous dévoile comment le flamenco est devenu une passion, la poésie une nécessité …

Dans cet entretien, il nous raconte son histoire, la découverte de la guitare (le fameux « friday night in San Francisco avec le trio Paco de Lucia, MacLaughlin Al Di Meola), du flamenco, il a accepté de nous jouer, à froid, quelques petites notes de taranta et de buleria. Ces petites notes, ses arpèges tout en finesse, paraissent si simples …

Son dernier recueil de poèmes « Vitoria do Silêncio » est sorti l’an dernier. Pour illustrer son travail Pedro nous lit ici l’un de ses poèmes, quand la musique et la magie des mots provoquent le duende …

Viva el Flamenco y la Poesia !

Traduction du poème lu dans l’interview :

Aujourd’hui je suis devenu immortel
Je suis mort,
Ne me cherche pas par-dessus la terre
Ou entre le blanc du jardin,
Je ne serai pas dans la mesquine miséricorde d’une fleur en plastique
Ni sur les photos embrassées par le soleil
D’un moment où j’ai semblé heureux.

Je suis entre vous,
Au milieu d’une bibliothèque encombrée avec mes frères,
Je suis par-ci et par-là,
Entre les sourires et les souvenirs les plus joyeux
Dans les yeux de mes enfants,
Mon sang est dans les pages de mes livres
Et mon désir…pour toujours présent dans la bouche de ma femme.

Et puis il ne faut pas avoir honte ou peur
Il faut crier la poésie et la musique et l’art de rêver
Ma voix est guitare !
Mon coeur poésie !
Et mon âme sera toujours libre !

Imaginons que je parte au tabac et que je revienne tout de suite
Car je suis aussi vivant qu’en n’importe quel autre jour.

Pedro Afonso in “Vitoria do Silêncio” 2017

 

 

Share